Itinérance, introspection et cuisine outdoor au cœur de l’Europe
Ça commence souvent comme un rêve un peu flou. Un soir, en traînant sur une carte. Ou au détour d’un récit de randonnée et d’aventure lu au fond du canapé. Et puis un jour, on y est : sac sur le dos, chaussures bien lacées, regard tourné vers l’horizon de la chaîne des Alpes. Ce jour-là, on prend le départ de la Via Alpina. Et rien ne sera plus vraiment comme avant.
La Via Alpina, c’est quoi au juste ?
C’est un nom intriguant qui fait rêver. Une traversée des Alpes à pied, de la Slovénie jusqu’à Monaco, à travers huit pays, cinq itinéraires et des paysages à couper le souffle. C’est aussi une invitation à sortir des sentiers battus — au sens propre comme au figuré.
- La voie rouge, la plus emblématique, longe tout l’arc alpin sur environ 2 000 km.
- Les voies verte, jaune, bleue et violette proposent des variantes plus courtes, souvent plus régionales, mais tout aussi dépaysantes.
On marche entre les sapins, les glaciers, les torrents et les villages perchés. On change de langue, de culture, de pain… Et chaque étape devient unique.
Pourquoi partir sur la Via Alpina ?
Pour se laisser surprendre
Quand on marche plusieurs semaines, chaque journée est une surprise unique. Un lever de soleil sur les Dolomites, un orage qui gronde au loin, un petit col sans nom qui offre une vue sur trois vallées. Rien n’est routinier :
D’un jour à l’autre, vous passez :
- des forêts verdoyantes de Slovénie,
- aux aiguilles minérales des Dolomites,
- puis aux pâturages suisses et aux falaises des Alpes maritimes.
Un vrai kaléidoscope alpin.
Pour vivre la frontière autrement
La Via Alpina, c’est aussi une façon de traverser les frontières de l’Europe à pied lentement et humainement. On se rend compte que ce qui nous relie est souvent plus fort que ce qui nous sépare et que les frontières ne sont que des objets artificiels inventés par l’Homme.
Sur la Via Alpina, les frontières n’ont pas d’importance. La langue change, mais les paysages restent. Et dans chaque pays, les montagnes sont là et ont ce même goût d’immensité.
Pour apprendre l’autonomie
Ici, pas de pack tout prêt. Il faut choisir son itinéraire, gérer ses étapes, gérer sa nourriture, parfois traverser sept jours sans village, parfois bivouaquer sous la pluie. C’est exigeant, mais très formateur. On découvre qu’on est bien plus capable et résilient qu’on ne le pensait.
Concrètement, comment s’y préparer ?
Côté sac à dos
Pas besoin d’un sac énorme. 50 litres suffisent, si on choisit chaque objet avec attention.
- Une bonne tente légère
- Des vêtements pour toutes les saisons (même d’hiver pour les mois d’été en montagne, on a réussi à prendre de la neige sur la fin).
- Un bon système pour purifier l’eau (gourde filtrante, pastilles…)
- Et surtout : tout tester AVANT de partir.
Côté cuisine outdoor
Si vous aimez manger (comme moi), vous allez adorer cuisiner en pleine nature. Les solutions :
- les plats deshydratés (parce que sur la durée, un bon plat cuisiné chaud ça réconforte ! et ça pèse moins lourd)
- des aliments achetés en vrac,
- et des produits locaux glanés au fil du chemin, surtout du fromage d’alpage,
et voila un festin !
👉 Je vous recommande aussi la lecture de la section Recettes pour aller plus loin.
Côté organisation
- Quand partir ? De mi-juin à septembre. Avant, il y a un trop grand risque de rencontrer de la neige sur les cols les plus hauts (névés), et après, trop de froid et donc aussi un gros risque de rencontrer de nouveau de la neige (ça nous est arrivé côté italien avec un retour d’Est, 20 cm de neige en 3h on fait moins les malins avec notre équipement estival).
- Combien de temps ? Vous pouvez faire tout ou partie du tracé. Une semaine, trois mois… à vous de voir. Le sentier entier prend environ 4 mois avec des pauses (3 mois pour les plus rapides).
- Où trouver l’info ? Le site via-alpina.org propose des traces GPS, mais certains tronçons peuvent être mal entretenus : pensez à croiser les sources (forums, topos récents, refuges locaux).
Marcher léger… pour la planète
Ce genre d’aventure nous reconnecte avec la nature; et avec cette reconnexion, nous avons une responsabilité envers elle.
Voici quelques gestes simples :
- Bivouaquer sans laisser de trace en respectant absolument le Leave No Trace
- Utiliser des produits biodégradables (on évite quand même le savon dans l’eau)
- Éviter les emballages jetables.
- Privilégier le train pour venir et repartir.
Parce qu’un chemin qui nous émerveille et une montagne qui nous accueille méritent qu’on les respecte.
Et vous ? Quel tronçon vous attire le plus ?
Un bout des Dolomites ? La Suisse centrale ? Les balcons du Mercantour ?
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